Questions fréquentes — vente et cession de fonds de commerce
Quelles sont les étapes d’une vente de fonds de commerce ?
La cession suit plusieurs étapes : négociation et accord sur le prix, signature d’une promesse ou d’un compromis, rédaction de l’acte de cession, accomplissement des formalités de publicité (publication dans un support d’annonces légales et au BODACC), purge du droit d’opposition des créanciers, séquestre du prix puis répartition. L’accompagnement par un avocat permet de respecter chaque échéance et de sécuriser l’opération.
Quelles mentions obligatoires doit contenir l’acte de cession ?
L’acte comporte des informations essentielles pour l’acquéreur : origine de propriété du fonds, état des privilèges et nantissements, chiffre d’affaires et résultats d’exploitation des dernières années, ainsi que les éléments relatifs au bail commercial (date, durée, identité du bailleur). Une information incomplète ou inexacte peut fragiliser la vente, d’où l’importance d’une rédaction d’acte rigoureuse.
Pourquoi le prix de vente d’un fonds de commerce est-il séquestré ?
Le prix est généralement séquestré entre les mains d’un tiers (souvent l’avocat ou le rédacteur de l’acte) pendant un délai légal, le temps que les créanciers du vendeur puissent faire opposition et que l’administration fiscale soit informée. Cette indisponibilité temporaire protège l’acquéreur, qui ne doit pas risquer de payer deux fois, et organise le règlement ordonné des dettes éventuelles.
Combien coûte l’intervention d’un avocat pour une cession ?
Les honoraires d’avocat sont libres et fixés par une convention d’honoraires écrite, signée avant le début de la mission. Ils peuvent être calculés au forfait, au temps passé, ou combiner ces modalités, selon la complexité du dossier (montant de la cession, état du bail, nombre d’intervenants). Un devis personnalisé est établi après un premier examen du dossier.
Quelle est la fiscalité d’une cession de fonds de commerce ?
La cession entraîne des droits d’enregistrement dont l’acquéreur est légalement redevable, calculés par tranches sur le prix (taux et seuils susceptibles d’évoluer en loi de finances ; les parties peuvent par ailleurs aménager contractuellement la prise en charge économique).
| Prix de vente | Droit budgétaire | Taxe départementale | Taxe communale | Total |
|---|---|---|---|---|
| Entre 23 001 € et 107 000 € | 2 % | 0,60 % | 0,40 % | 3 % |
| Entre 107 001 € et 200 000 € | 0,60 % | 1,40 % | 1 % | 3 % |
| Supérieure à 200 000 € | 2,60 % | 1,40 % | 1 % | 5 % |
Côté vendeur, la plus-value réalisée est imposable, sous réserve des régimes d’exonération applicables selon la situation. La fiscalité dépendant étroitement de chaque dossier, elle doit être examinée précisément.
Faut-il informer les salariés en cas de vente de fonds de commerce ?
Dans les entreprises concernées par les dispositions sur l’information préalable des salariés, ces derniers doivent être informés du projet de cession dans un délai permettant l’éventuelle présentation d’une offre de reprise. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, les salariés doivent être informés directement, au plus tard 2 mois avant la vente. Dans les entreprises de 50 à 249 salariés, l’information est transmise aux salariés et au CSE, qui est consulté sur le projet de cession.
En l’absence d’information, le cédant s’expose à une action en responsabilité civile intentée par les salariés et à une amende civile réclamée par le ministère public. Mais ce devoir d’information est limité : le cédant est uniquement tenu de porter à la connaissance des salariés son intention de vendre l’entreprise, ainsi que la possibilité pour eux de présenter une offre d’achat. En dehors de ces éléments, la loi n’exige la communication d’aucune autre information : le cédant n’a pas à transmettre de documents relatifs au fonctionnement, à la comptabilité ou à la stratégie de l’entreprise.
Les salariés informés sont, quant à eux, soumis à une obligation de discrétion, dont la méconnaissance expose le salarié fautif à une sanction disciplinaire (pouvant aller jusqu’au licenciement) et à une action en responsabilité civile du cédant. Enfin, si l’on ne souhaite pas reprendre les salariés avec le fonds, la loi est claire : les contrats de travail en cours sont transférés au repreneur. Le non-respect de ces obligations peut être source de contentieux, d’où l’intérêt d’un accompagnement par un avocat en droit commercial qui plaide également devant le conseil de prud’hommes.